Les jeux olympiques
ont pu, au cours des temps, attirer de grandes foules de spectateurs.
On peut alors s'étonner du manque relatif d'équipements
destinés à les recevoir.
On remarque tout
d'abord que le stade n'était qu'un talus : si on trouve à
Delphes des gradins de pierre, ils sont dus à Hérode Atticus
et datent donc de la période romaine. A Olympie, quelques rares
sièges en marbre étaient réservés aux seuls
notables. Et pourtant, il est probable qu'il y eut certaines années
jusqu'à quarante mille spectateurs lors des jeux. Bien entendu
chacun pouvait choisir d'assister à l'épreuve qu'il prisait
le plus. On a remarqué que Pindare glorifie essentiellement les
vainqueurs de courses de char, puis de pancrace : sans doute cela indique-t-il
les goûts de la classe aisée.
Ceux qui avaient
fait le déplacement à Olympie ne trouvaient que de rares
auberges pour se loger : Finley note qu'il aurait été
étonnant qu'on construisît quelque établissement
important pour une panégyrie qui n'avait lieu que tous les quatre
ans. Il semble donc que les spectateurs dormaient en plein air, sous
des tentes et qu'ils se nourrissaient grâce à ce que proposaient
des marchands ambulants. Tout ceci était bien inconfortable :
c'est pourquoi Epictète peut indiquer dans ses Entretiens
que le caractère mémorable du spectacle fait oublier l'inconfort.
Petit à petit,
on dut aussi créer une police temporaire pour gérer cet
afflux de population ; on nommmait notamment un commissaire au marché
temporaire qui avait le droit de donner des amendes sur-le-champ aux
marchands ambulants indélicats...
En dehors des amateurs
de compétitions athlétiques, venaient également
à Olympie lors des jeux ceux qui voulaient participer aux cérémonies
religieuses ou simplement "voir les merveilles d'Olympie"
: le mot d'Epictète selon lequel "mourir sans avoir vu Olympie
est considéré comme un grand malheur" doit recouvrir
une réalité.