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    Simonide  


La Fontaine, Fables, I, 14

Phèdre, Fables, IV, 26

 
    Quintilien, Institution Oratoire, XI, II, 11-17  
   


M. Fabius Quintilianus est un rhéteur célèbre né vers 30 ap. J.-C. et mort en 95. Il fut chargé notamment de l'éducation des neveux de l'empereur Domitien

Simonide
 
    Artem autem memoriae primus ostendisse dicitur Simonides, cuius uulgata fabula est: cum pugili coronato carmen, quale componi uictoribus solet, mercede pacta scripsisset, abnegatam ei pecuniae partem quod more poetis frequentissimo degressus in laudes Castoris ac Pollucis exierat: quapropter partem ab iis petere quorum facta celebrasset iubebatur. Et persoluerunt, ut traditum est: nam cum esset grande conuiuium in honorem eiusdem uictoriae atque adhibitus ei cenae Simonides, nuntio est excitus, quod eum duo iuuenes equis aduecti desiderare maiorem in modum dicebantur. Et illos quidem non inuenit, fuisse tamen gratos erga se deos exitu comperit. Nam uix eo ultra limen egresso triclinium illud supra conuiuas corruit, atque ita confudit ut non ora modo oppressorum sed membra etiam omnia requirentes ad sepulturam propinqui nulla nota possent discernere. Tum Simonides dicitur memor ordinis quo quisque discubuerat corpora suis reddidisse.

On dit que le premier à avoir montré l'art de la mémoire est Simonide, dont on rapporte cette histoire : comme il avait écrit, après en avoir convenu le prix, pour un pugiliste qui avait reçu la couronne, un chant, comme ceux que l'on a l'habitude de composer pour les vainqueurs, on lui avait refusé une partie de son salaire parce que, selon l'habitude très ordinaire du poète, il avait fait une digression à la louange de Castor et Pollux ; c'est pourquoi on lui avait dit de réclamer une part à ceux dont il avait célébré les exploits. Et si l'on en croit la tradition, ceux-ci s'een acquittèrent : en effet, comme il y avait un grand banquet en l'honneur de cette même victoire et que Simonide y était invité, il fut appelé dehors par un messager, parce que deux jeunes gens à cheval, disait-on l'avaient réclamé avec insistance. Et certes il ne les trouva pas, mais il comprit que les dieux lui étaient reconnaissants. Car à peine fut-il sorti de la salle du banquet qu'elle s'effondra sur les convives et les écrasa au point que les proches qui les recherchaient pour les enterrer ne pouvaient non seulement discerner les visages des victimes, mais même tous leurs membres. Alors Simonide, dit-on, rendit aux leurs les corps en se souvenant de l'ordre dans lequel chacun était couché au banquet.