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3. Moschos, Europa

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Elle [Europe] dit, et elle
s'assit sur le dos du taureau, souriante ; et les autres jeunes
filles allaient en faire autant ; mais il se releva d'un bond,
enlevant celle qu'il voulait, et gagna rapidement la mer. Europé
se retournant en arrière, appelait ses compagnes et leur
tendait les bras ; mais elles ne pouvaient pas l'atteindre. Le taureau
parvint au rivage et poursuivit sa course, comme un dauphin,
marchant sans mouiller ses sabots sur la vaste étendue des
vagues.
Traduction P.E. Legrand, Les Belles Lettres,
1967 |
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4. Ovide, Les
Métamorphoses, Livre II
[2,860] sed quamuis mitem metuit contingere
primo,
mox adit et flores ad candida porrigit ora.
gaudet amans et, dum ueniat sperata uoluptas,
oscula dat manibus; uix iam, uix cetera differt;
et nunc adludit uiridique exsultat in herba,
nunc latus in fuluis niueum deponit harenis;
paulatimque metu dempto modo pectora praebet
uirginea plaudenda manu, modo cornua sertis
inpedienda nouis; ausa est quoque regia uirgo
nescia, quem premeret, tergo considere tauri,
[2, 870] cum deus a terra siccoque a
litore sensim
falsa pedum primis uestigia ponit in undis;
inde abit ulterius mediique per aequora ponti
fert praedam: pauet haec litusque ablata relictum
respicit et dextra cornum tenet, altera dorso
inposita est; tremulae sinuantur flamine uestes.
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[2,860] Mais, malgré sa douceur, elle n'ose d'abord le
toucher. Bientôt rassurée, elle s'approche et lui
présente des fleurs. Le dieu jouit; il baise ses mains,
et retient avec peine les transports dont il est enflammé.
Tantôt il joue et bondit sur l'émail des prairies;
tantôt il se couche sur un sable doré, qui relève
de son corps la blancheur éblouissante. Cependant Europe
moins timide, porte sur sa poitrine une main douce et caressante.
Elle pare ses cornes de guirlandes de fleurs. Ignorant que c'est
un dieu, que c'est un amant qu'elle flatte, elle ose enfin se
placer sur son dos.
[2,870] Alors le dieu s'éloignant doucement de la terre,
et se rapprochant des bords de la mer, bat d'un pied lent et trompeur
la première onde du rivage; et bientôt, fendant les
flots azurés, il emporte sa proie sur le vaste océan.
Europe tremblante regarde le rivage qui fuit; elle attache une
main aux cornes du taureau; elle appuie l'autre sur son dos; et
sa robe légère flotte abandonnée à
l'haleine des vents.
Traduction deG.T. Villenave, Paris, 1806
(adaptée par Itinera
electronica)
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5. Arthur Rimbaud,
Soleil et Chair
Zeus, Taureau, sur son cou berce comme une enfant
Le corps nu d'Europé, qui jette son bras blanc
Au cou nerveux du Dieu frissonnant dans la vague.
Il tourne lentement vers elle son oeil vague ;
Elle, laisse traîner sa pâle joue en fleur
Au front de Zeus ; ses yeux sont fermés ; elle meurt
Dans un divin baiser, et le flot qui murmure
De son écume d'or fleurit sa chevelure.
Arthur Rimbaud, Reliquaire, Soleil et chair,
1870 |
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