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Parmi les dieux du Panthéon grec, Dionysos offre un intérêt
tout particulier par les singularités et contradictions qu'il
présente. Il permet ainsi une multiplicité de parcours
pédagogiques dans lesquels l'intérêt de l'étude
des textes sera naturellement renforcé par la richesse de
l'iconographie qui concerne le dieu.
Car Dionysos est d'abord ce dieu " né de la cuisse
de Jupiter ", le seul dieu admis parmi les Olympiens à
avoir pour mère une mortelle, un dieu qui connaît plusieurs
morts et plusieurs naissances. Quelle que soit son origine, qu'il
vienne de Thrace ou soit autochtone, il est senti comme " l'étranger " :
peu présent dans l'épopée homérique,
le dieu fou, le dieu de la transe affirme son importance, en déferlant
comme un conquérant sur la Grèce. L'étude de
ce triomphe de Dionysos - particulièrement dans Les
Bacchantes d'Euripide - peut être complétée
par celle du mythe de Dionysos Zagreus. Ce sera l'occasion de montrer
un autre aspect de la religion grecque : les cultes à
mystères.
On n'oubliera pas qu'il apparaît aussi dans de nombreux épisodes
mythologiques, qui permettront le développement de formes
artistiques, dans l'antiquité comme dans l'art des XVIe et
XVIIe siècles. L'étude des différentes représentations
de Zeus et Sémélé, de Bacchus et Ariane, du
démembrement de Penthée par les Ménades est
du plus grand intérêt.
Par ailleurs Dionysos est, par excellence, le dieu de la fête
et du vin. Mais il est, une fois de plus, " multiple " :
il est Bacchos et Lusios, source de folie et libérateur,
et il conserve presque toujours un caractère sauvage :
Walter F. Otto analyse longuement cet aspect qui prend une dimension
étonnante dans l'iconographie : innombrables sont les
reproductions des fêtes, des ménades échevelées
qui, au son de la flûte et du tambourin, dansent pour le dieu.
Il est le dieu de l'Extase. Et, sous son autre aspect, il est en
même temps le " doux et efféminé dieu
du vin ". La fête dionysiaque, l'importance du vin
dans la société méditerranéenne antique
et l'imaginaire qui se développe autour de sa consommation
sont un autre centre d'intérêt majeur.
Mais Dionysos est encore le dieu du masque ; et le théâtre
est né des fêtes que l'on célébrait en
son honneur. La comédie et la tragédie sont étroitement
associées aux fêtes religieuses en l'honneur du dieu
et au sacrifice célébré à cette occasion.
Les Grandes Dionysies étaient aussi l'occasion pour les Athéniens
d'affirmer l'excellence de leur cité. C'est peut-être
avec ce dieu que le lien entre le politique et le religieux est
le plus sensible.
Un dossier concernant Dionysos peut donc s'enrichir de travaux
très divers qui, dans tous les cas, en permettant l'association
du texte et de l'image plongent au plus profond de la culture grecque :
sa mythologie, sa religion et ses cultes, son art, sa littérature
et sa vie sociale et politique.
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