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Femme cuisinant, 525-500 av. J.-C.
Terre cuite, Tanagra, Béotie
Paris, musée du Louvre
© [Louvre.edu]

Les femmes n'étaient pas citoyennes mais pouvaient
jouer un rôle important dans la politeia athénienne. Ici,
la remise du Péplos, lors des Panathénées, représentée
sur la partie centrale de la frise est du Parthénon.
Musée de l'Acropole (photo MSM)

Un enfant portant un manteau (himation)
330-1 av. J.-C., bronze
Paris, musée du Louvre
© [Louvre.edu]

Scène de banquet avec esclave servant.
Paris, musée du Louvre
© [Louvre.edu]
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La citoyenneté, avant de se définir par
des droits et des devoirs, est d'abord caractérisée par
la limite du demos, donc par l'exclusion des non-citoyens.
Les femmes
A Athènes, une femme ne peut être citoyenne parce qu'elle
reste mineure toute sa vie. Avant son mariage, elle est soumise à
l'autorité de son père et, après celui-ci, à
celle de son mari.
Contrairement aux esclaves, la femme joue cependant un rôle important
dans la politeia. Quoique non-citoyenne, elle occupe une place
éminente et parfois exclusive dans des manifestations religieuses
à caractère politique.
Par ailleurs, la loi de 451 lui confère
la parité avec son mari dans la transmission de la citoyenneté.
Les étrangers
Le siècle de Périclès voit
affluer à Athènes des étrangers en provenance de
tout le monde grec, principalement ionien. Aristophane, et Platon un peu
plus tard, s'inquiétent de cette présence obsédante
et se moquent du laxisme de la cité qui les tolére en trop
grand nombre.
Que faire de l'étranger ? La question interpelle encore aujourd'hui
les démocraties modernes.
Comme les autres cités grecques, Athènes confére
aux résidents le statut de "métèque". ὁ
μέτοικος (metoikos)
signifie "celui qui habite avec nous", ce qui implique qu'il
est "chez nous " mais n'est pas "comme nous". Il vit,
travaille, se marie, fait souche, réalise des affaires et éventuellement
s'enrichit mais aucun de ces critères ne lui donne droit à
la citoyenneté.
Tout étranger résidant en Attique (au moins un mois, semble-t-il)
doit être enregistré dans un dème et prend obligatoirement
le statut de métèque. Contrairement au citoyen, s'il change
de résidence, il doit se faire enregistrer dans son nouveau dème.
Il n'a pas le droit d'épouser une Athénienne, doit acquitter
une taxe spéciale et ne peut posséder de propriété
agricole. La plupart des métèques sont donc des commerçants
et des artisans. Beaucoup sont grecs mais il semble que la cité
ait accueilli aussi quelques barbares (étrangers non grecs).
Un métèque peut exceptionnellement accéder à
la citoyenneté, cette mesure faisant l'objet d'un vote et d'un
décret de l'Assemblée. Il peut aussi, en cas de délit,
être banni ou vendu comme esclave.
Les mineurs
Les garçons accédent à la majorité à
l'âge de 18 ans mais ne peuvent exercer leurs responsabilités
politiques qu'à partir de l'âge de vingt ans, la période
intermédiaire de deux ans, appelée éphébie,
étant consacrée essentiellement au service militaire.
Les mineurs, comme les femmes, ne sont pas pour autant tenus à
l'écart de la politeia. Ils participent à des cérémonies
religieuses à caractère civique dans lesquelles ils ont
parfois une place prépondérante. C'est ainsi que l'entrée
dans l'adolescence est marquée par une période de retraite
au sanctuaire de Brauron. Les jeunes adolescents, mis à l'écart
de leurs familles, sont pris en charge par la cité. Cette initiation
revêt un double caractère religieux et civique. D'autres
cérémonies telles les Panathénées, donnent
une place prépondérante aux jeunes gens, en particulier
aux filles.
Les esclaves
Athènes est une cité grecque que son régime démocratique,
entre le V° et le IV° siècle, ne place pas en dehors de
son temps ni de son espace. L'esclavage est un élément constitutif
de toutes les sociétés antiques en Europe et au Moyen-Orient,
Athènes en a profité et on peut dire que c'est le travail
forcé dans les mines du Laurion qui a permis à la cité
d'amasser suffisamment d'argent pour repousser l'envahisseur perse et
poser les bases de son régime démocratique.
Sans nier la souffrance des êtres humains qui ont été
pendant cette époque soumis à la vente, aux humiliations,
aux châtiments et à tous les autres aspects de la déshumanisation,
il faut reconnaître l'abîme qui nous sépare des anciens
en ce domaine. Pour eux, l'esclavage est "normal" et, avant
l'ère chrétienne, on ne trouve aucun texte qui remette fondamentalement
en question son principe.
Il faut aussi noter que contrairement à ce qui s'est passé
pendant la période qui, du début du XVI° à la
fin du XVIII° siècle, vit les nations d'Europe occidentale
fonder leur prospérité sur le trafic triangulaire, l'esclavage,
à Athènes, ne repose sur aucun critère ethnique ou
racial. Il n'existe pas de cloison étanche entre la liberté
et l'esclavage et on peut, par exemple, être libre et citoyen dans
sa cité mais vendu dans une autre, à la suite de quelque
infortune, parfois à quelques lieues de chez soi. On peut aussi
être réduit en esclavage à la suite d'une condamnation
en justice pour dettes ou fraude. La servitude est donc un état
infra-humain dans lequel tout homme libre peut tomber un jour et dont
tout esclave peut espérer sortir.
Les esclaves affranchis ne devenaient pas pour autant citoyens ; ils
prenaient le statut de métèque.
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