Trois élégies de Tibulle associent comme
le faisait Catulle l'âge d'or à l'amour :
Dans la troisième
élégie du livre premier, v.35-50 : la guerre, le voyage
en mer et la maladie font ressurgir l'amour de Délie comme un
bonheur perdu comparable à l'âge de Saturne.
On pourra consulter l'étude de Michel Parpère (lycée
de Fréjus)
http://www.ac-nice.fr/etabs/camus/activite/pedagogi/latin/tibullus/3.htm
De même
dans l'élégie
X, l'âge de fer a envahi le domaine amoureux comme le domaine
de la guerre : battre son amie est aussi criminel que d'avoir commencé,
au nom du désir de richesse, à s'emparer de proies animales
et de citadelles ennemies. Le poète évoque un passé
rustique et familial, seule référence possible pour la
paix politique et la paix des amants : faire pleurer son amie, oui mais
dans la fusion divine de la tendresse !
Dans la troisième
élégie du livre II, le dévoiement de l'amour
en amour de l'argent (praeda) rappelle le souvenir d'une époque
où Vénus régnait sur les dieux et les hommes. Mais
la décadence n'est pas un obstacle à l'amour, et le poète
se dit prêt à franchir tous les obstacles, à renoncer
à toutes les satiétés de Cérès et
de Bacchus et à faire de façon très impie de Délie
sa Némésis (figure hésiodique de la Justice
ici isolée de sa compagne Aidôs, la pudeur, la
décence) pourvu qu'elle prolonge ainsi déguisée
son séjour sur la terre.