Ovide et le mythe de l’âge d'or
Une génération après Virgile, Ovide, dans le livre I des Métamorphoses (vers 89-150)1, reprend le récit d'Hésiode, en changeant le terme de races en âges (aetates au lieu de ge/nh), et en gommant le sursaut héroïque dans le mouvement de dégradation, se borne à quatre âges métalliques, l'âge d'or (aetas aurea), l'âge d'argent (aetas argentea), l'âge d'airain (aetas aenea) et l'âge de fer (aetas ferrea).
Jean-Paul Brisson, dans son livre sur Rome et l'âge d'or, souligne à juste titre que l'âge d'or (v. 89-112) présente à la fois des aspects de la simplicité rude et primitive décrite par Lucrèce et de l'abondance spontanée et paresseuse que décrivent Hésiode et le Virgile des Géorgiques.
C'est également à Virgile, mais à l'évocation du règne d'Évandre dans l'Énéide qu'Ovide reprend l'idée platonisante d'intériorité de la loi et de l'absence de lois écrites.
Au viol de la mer par le premier navire (le motif de la nef Argo) est associé le viol de la terre par le travail de la charrue, ce qui fait de ce texte une sorte de condensé ou de marquetterie des diverses traditions.
L'âge d'argent (v. 113-124) est décrit comme l'entrée dans le cycle des saisons, et avec lui la naissance des habitations et du labour. Ovide s'écarte ici considérablement du modèle hésiodique il est vrai un peu obscur de la succession de l'état d'enfance et de l'impiété envers les dieux.
L'âge d'airain (v. 125-127), âge de la férocité pure, enchaîne très rapidement (ce qui fera que dans l'iconographie ils seront la plupart du temps confondus) sur l'âge de fer (v. 127-150), âge du crime, de la discorde et de l'impiété ; Ovide conclut par le motif hellénistique de l'ascension au ciel d'Astrée.La présentation de ce mythe n'implique en aucun cas un retour. Là encore, nous nous tiendrons en-deça de l'interprétation de J.-P. Brisson, qui attribue à Ovide les qualificatifs contradictoires de pur poète, de républicain déclaré et de pythagoricien subversif.
Le rôle d'Ovide dans les littératures modernes et dans l'iconographie, par rapport à tous ses précédesseurs, et en raison même de son caractère second et condensé, est tout à fait capital.
1 On se reportera pour le texte d'Ovide au cédérom Les Métamorphoses d'Ovide - Mythes et réalités de l'antiquité édité par le Musée du Louvre et Pages Jaunes Édition, distribué par les éditions Cadmos. Les données du cédérom sont intégrées dans le site Texteimage.com accessible par abonnement (par le CNS ou indépendamment)
On peut aborder l'étude des quatre âges par plusieurs entrées du cédérom (ou du site) :
1. LES RÉCITS
Ovide > Les Récits > Cosmogonie > Premiers âges de l'humanité
Une animation (commentaire sonore, animation iconographique et typographique) représente l'évolution du monde en "quatre âges " : l'âge d'or, qui correspond à l'âge de Saturne, et le temps de Jupiter, qui se subdivise en trois âges : l'âge d'argent, l'âge de bronze, l'âge de fer
Les éléments dégagés dans le "récit" pourrront être l'objet d'une analyse dans les textes.
2. LES TEXTESOvide > Les Textes > Livre premier > Les quatre âges
Les quatre âges sont illustrés par une œuvre de Jacopo Zucchi, l'Age d'or (Florence, Les Offices). On peut accéder (au format PDF) aux pages du texte et de sa traduction. Il s'agit de la traduction de Danièle Robert publiée par Actes Sud.
v. 89-112 : l'âge d'or
v. 113-124 : Jupiter et l'âge d'argent
v. 125-127 : l'âge de bronze caractérisé par la guerre
v. 128-162 : l'âge de fer
3. LE DICTIONNAIREOvide > Dictionnaire > Rome > Âge d'or - Saturne
On retrouve le tableau de Jacopo Zucchi (zoom, détails, animation sur le tableau, fiche imprimable)
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